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Le secteur Non Marchand est à bout de souffle !  5000 travailleurs ont répondu à notre enquête sur la charge de travail.

16/12/2022 | FR / NL

Au printemps 2022, dans le cadre de sa campagne « Trav-Aïe, ça suffit ! », le SETCa a mené une large enquête sur la charge de travail dans tous les secteurs du Non Marchand, les hôpitaux privés, les maisons de repos, les structures d’accueil et d’hébergement pour personnes en situation de handicap, l’aide à la jeunesse, l’accueil de l’enfance, l’aide à domicile, les soins infirmiers à domicile, le secteur socio-sanitaire et le secteur socio-culturel, …

5000 travailleurs ont répondu à cette enquête. L’enquête portait sur les thématiques suivantes : le temps de travail et la qualité des contrats, l’état de santé, les heures de travail attendues/réelles/souhaitées, les exigences physiques et mentales, les cadences de travail et les délais imposés, les exigences de nouveaux savoirs, le travail de nuit, la conciliation vie privée/vie professionnelle, l’autonomie et l’enthousiasme au travail et enfin le degré d’épuisement physique et émotionnel après la journée de travail.

Même si nous notons des spécificités par secteur, les résultats globaux mettent en évidence pour une grande majorité de répondants, des exigences de travail élevées et une difficile conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle.

Les résultats confirment les témoignages des délégués et des travailleurs 

Si nous croisons les données, les résultats suivants apparaissent :

Liens  avec les exigences physiques, émotionnelles, la pression et les compétences exigées

  • D’après les résultats, environ la moitié des répondants travaillant dans les secteurs des hôpitaux, des soins infirmiers à domicile et des soins aux personnes âgées font état d’exigences de travail élevées.
  • Un pourcentage beaucoup plus élevé de femmes (36,4%) déclare des exigences professionnelles élevées (charges physiques, mentales et au niveau de l’intensité).

 

Lien entre les conditions de travail et l’état de santé

  • 50,5% des répondants avec les exigences professionnelles les plus hautes déclarent une mauvaise ou très mauvaise santé générale. Un pourcentage plus élevé de femmes (47,5%) que d'hommes se déclarent en assez mauvaise ou très mauvaise santé

Lien entre les conditions de travail et l’épuisement

  • 88,3 % des répondants déclarant les exigences professionnelles les plus élevées présentent un niveau d'épuisement moyen à plus important.
  • Une très grande majorité de répondants sont enthousiastes et plein d’énergie dans le cadre de leur travail. Cependant, cette énergie et cet enthousiasme sont mis à mal par un épuisement physique et mental quasi quotidien au terme de leur journée de travail impactant leur capacité à réaliser leurs tâches quotidiennes à la maison.
  • Les personnes interrogées qui font état d'exigences professionnelles élevées ne peuvent souvent pas bien combiner les heures de travail avec la vie privée

Lien entre l’autonomie au travail et le secteur d’activité, l’enthousiasme et les exigences de travail

  • Il y a des écarts significatifs entre secteurs. L’autonomie est plus grande dans les secteurs d’aide aux adultes en difficultés (CP319), dans le secteur socio-culturel (CP329), dans le service de l’aide à la jeunesse (CP319) et le secteur de l’aide à domicile/aides familiales (CP318). Ce dernier secteur concerne surtout des personnes travaillant seules au domicile, avec un management à distance
  • Plus l’autonomie est grande, plus l’enthousiasme au travail est important
  • Par contre, plus les exigences de travail sont hautes, plus le degré d’autonomie est faible et plus la conciliation vie privée/travail s’accordent difficilement ( 50% des répondants).
  • L'autonomie des hommes est supérieure à celle des femmes.

Durée du temps de travail

Il est à noter que 45% des répondants sont à temps partiels.
A la question : En supposant que vous puissiez choisir librement vos heures de travail et en tenant compte du besoin de gagner sa vie : combien d’heures par semaine préféreriez-vous travailler actuellement ?

  • 33% souhaiteraient maintenir leur temps de travail actuel
  • 16,26% occuperait un temps plein.
  • 50% des répondants souhaitent un temps de travail entre 26h et 35h /semaine.

Dans les faits, les travailleurs diminuent déjà leur temps de travail pour tenir bon au détriment de leur pouvoir d’achat/de vivre.

En conclusion

Il pourrait nous être rétorqué que la nature même de ces métiers justifie de telles exigences de travail. A cela nous répondons que les réponses à l’enquête démontrent que les travailleurs aiment leurs métiers mais s’épuisent. Les conditions d’exercice de ces métiers doivent s’améliorer si nous voulons que des personnes les exercent encore demain!  Cela passe par des effectifs suffisants, le remplacement immédiat et systématique du personnel absent, une durée et un rythme de travail adéquats, des horaires stables, …

Les problèmes de recrutement (voire même de pénurie) augmentent dans plusieurs catégories de métiers du secteur (infirmiers, aides familiales, puéricultrices, …). L’attractivité de ces métiers est un réel sujet de préoccupation si demain,  la population souhaite encore pouvoir être aidée, accompagnée ou soignée de manière qualitative, tout au long du parcours de vie.

Malgré les dernières avancées liées aux accords sociaux, les problèmes subsistent. Les dégâts d’années d’austérité sont compliqués à réparer. En attendant, les travailleurs ne voient pas leurs conditions de travail s’améliorer malgré ces avancées : manque de personnel, difficultés de concilier vie privée et vie professionnelle, une (fin de) carrière pénible et des difficultés financières pour une grande partie de travailleurs aggravées par le contexte de la crise actuelle.

Ces réponses ne suffisent pas. Les travailleurs et futurs travailleurs ont besoin de s’appuyer sur de réelles perspectives d’avenir car des sparadraps ne suffiront pas. Une attente majeure est d’adapter le nombre heures de travail à TEMPS PLEIN aux capacités physiques et mentales d’un humain en bonne santé. La réduction collective du temps de travail est une de nos priorités ! Nous devons donner cette perspective aux travailleurs du secteur. Sans cela, les travailleurs continueront soit à quitter le secteur, soit à s’appauvrir en diminuant volontairement leur temps de travail avec perte de salaire pour tenir le coup.

Nous devons donner cette perspective aux futurs étudiants afin qu’ils s’inscrivent dans ces métiers qui ont du sens et qui font sens s’ils sont exercés dans des conditions centrées sur l’humain. Pour  95% des étudiants, la première raison qui les conduit à choisir ces métiers de la santé est le sens de ces métiers.

La campagne SETCa « Trav-Aïe, ça suffit ! » a pour objectif de sensibiliser à la nécessité d’améliorer d’urgence les conditions de travail, et de diminuer la charge de travail des prestataires du secteur Non Marchand. C’est une question de santé publique et de cohésion sociale. 

Le SETCa continue à se mobiliser pour faire part des besoins et des revendications du secteur afin de répondre aux attentes légitimes de la population.